mercredi 28 mars 2007

Poésie Adéquiste

Ahhh c'est une longue journée aujourd'hui... mais y fait beau dehors et j'ai envie d'écrire des poèmes sur l'ADQ....
ADQ de mon cœur,
Tu ris comme une fleur
Avec ton programme délicat,
Tu le sens comme moi

Que Mario est le chef des chefs!
Le roi de la Foret, pas comme Ignatieff...
Un jour tu es parti des Libéraux,
Et te voici maintenant volé vers le haut.

Libère-toi de tes chaînes...
libère nous de nos taxes trop élevées....
Coupe vivement dans nos programmes sociaux qui-ne-serve-qu'aux-immigrants-trop-gaté. (hahaha)
Et détruit notre monde de Haine!!!!

Super M-A-R-I-O!

lol

Ahh oui et j'oubliais la contribution artistique de Boris :

Aaaaaah, ADQ, ADQ,
Vision de mon cul,
Ou plutot du celui de Mario
Ca va faire mal a mon cardio

Un jour on sera sauvé
Allant vitesse grand V
Mais notre sauveur attendu
Ne sera pas de l'ADQ

Il ne viendra pas des liberaux
Ou le Quebec fera un bon: D'oh!
Il nous viendra du fond du coeur
Au moment ou on aura le plus peur

Alors prenons nous la main
Petrisons bien notre pain
Car notre visage n'est plus triste
Quand on vote pour les leninistes
Ils nous sauveront de la misere
Pis ils roulent trés bien les R.

Vive les proletaires!

mardi 27 mars 2007

Le Québec en 2007.

Une image vaut mille mots....

On pourrait aussi dire dans ce cas-ci une image vaut mille maux.. c'est selon!

Je suis extrêmement désapointé par mon comté, et c'est rien de le dire! Les libéraux l'ont emporté par une majorité de 2 756 voix pour totaliser 11 921. Directement derrière, le PQ a raflé 9 165 vote suivit par l'ADQ avec 5 420, score assez impressionnant étant donné que je suis dans le 514.

Ce matin, mon coloc me dit : "Comme tu dis, les gens a st henri sont caves à n'en plus finir....calisse q j suis en crisse !!!!"

Je lui réponds vaguement apatique : "Là ça semble vraiment trop clair.. on doit militer... apporter des idées, parlez aux gens, changer les choses... ARGGG!!!!"

Mais c'est pas juste St-Henri, c'est tout l'ouest de Montréal qui n'a pas comprit... le message passe juste pas... trop d'immigrants, trop de p'tits vieux, c'est dommage à dire mais ces gens là ne milite pas pour un monde meilleur mais bien pour leur petites poches...

Si on prend le cas des immigrants, le parti libéral promettait des bonus à l'emploi pour les immigrants qui se trouverait de l'emploi si leur redonnait un mandat. C'est extrêmement douteux comme cadeau des libéraux puisque c'est ultra discriminatoire envers les travailleurs blancs québécois catholiques et c'est pour ça que ça pogner facilement pour eux, tsé, on t'offre un beau cadeau, tu vas pas cracher dessus!

Pis si on parle des p'tits vieux, le parti libéral à promis des médicamments gratuit, avec le cout de la vie et des médicamments c'était comme offrir de payer le logement et la nourriture des p'tits vieux qui on le sait malheureusement arrive pas avec leur budget. En plus pour eux, une mince déduction d'impôt, même avec l'argent du fédéral va être bien vue, parce que pour eux autres qui souvent reste pour la plupart du temps chez eux, 100$ de déduction d'impot ça signifie beaucoup!

Bref ça fait fucking chier ça ce matin... Si ça se trouve, on va devoir bientôt porter le parti adéquiste au pouvoir pour contrer l'influence "multiculturaliste discrimatoire" de ce qu'une démocratie est sensé représenté pour véritablement avoir une politique sérieuse.

Autrement dit, 75% des Québécois de souche vont devoir se battre contre un parti libéral pourris par les traffics d'influences des p'tites organisations ethniques qui ne se soucient de leur communauté seulement... C'est devenue ça, le Québec de 2007!

Pus d'idées nouvelles, ça pogne plus... Juste des beaux cadeaux et des belles promesses aux électeurs! Pis le monde y croit encore...

Mais je pense qu'il y a des solutions... Je suis encore confiant! La première des choses que je remarque c'est que la majorité du comté vote majoritairement à gauche, contrairement à ce que nous montre les résultats et la réelection des libéraux. C'est néanmoins typique des mouvements de gauche d'être totalement désorganisés et dénudés de moyens. Donc je pense que les résultats (approx 4 224 votes si le PQ n'est pas considéré à gauche et 13 389 vote si oui) est plutôt représentatif de la demande pour un parti de gauche. Seul problème : Quelle Option choisir ?

On a vue le phénomène durant le débat officiel, aucune véritable réprésentation des candidat aux idées dites de gauche, sinon Boisclair, dans une certaine mesure avec son programme axé vers l'éducation. J'espère que ce problème va faire réfléchir les chefs de parti que sans union, leur proportion ne sera jamais prit en considération dans les médias. L'idée est lancé, moi je pense que sans union des partis de gauche *par conséquent des idées de la gauche. aucun partis ne vaincra ni les libéraux, ni l'adq mais possiblement le PQ.

Autre solution, plus théorique cette fois, serait de créer une agence, un comité, un groupe de pression, what eva non gouvernemental et non partisan qui aurait pour but de faire avancé les choses dans des comtés serré ou des partis ont été RÉélus. J'insiste sur le parce que le candidat qui vient d'être élu mérite quand même qu'on lui donne sa chance dans son comté. Sauf que dans un cas de mon comté, on se rend compte que la population a élu la candidate libérale avec 11 921 votes contre 19 054, pour tous les autres candidats confondus. Il serait important de remettre en doute la légitimité de son pouvoir, du mode de scrutin et tout le baratin anti-parlementariste ne serait-ce quand dans un soucis de démocratie. Malheureusement, on changera pas la constitution demain matin, on en a même pas signé une à date! Fak d'avoir un organisme qui vérifie avec la population, directement en rapport avec elle, en évaluant les raisons pour lesquelles les citoyens ont voté pour tel ou tel candidat. Là on aurait une certaine forme de démocratie, une certaine possibilité de changement radical, et surtout, les comtés et les citoyens aurait vraiment un certain pouvoir le jour des élections!

Reste à établir le "comment"... Ça j'y travaille...

Et vous, est-ce que vous êtes content de votre gouvernement minoritaire ? De l'élu de votre conté ?

Mais c'est poche pareil, ce matin, le candidat du PQ, Robin Philpot m'a appellé pour me dire :

"tsé je comptais sur ton vote qu'est-ce qui s'est passé ? et là moi ... le québec qui ... tu as tu pensé à .... "

Une chose est sûre, c'est que Robin à matin, y feel po!



Saint-Henri-Sainte-Anne
30 975 bulletins dépouillés / 51 453 électeurs inscrits (60,2 %)
212 bureaux reçus sur 213
Candidat(e) élu(e) : majorité de 2 756 votes

Blais, Marguerite LIB 11 921
Philpot, Robin PQ 9 165
Beauregard, Chantal ADQ 5 420
O'Flaherty, Shawna PVQ 2 187
Sandborn, Arthur QS 2 037
Jastrzebski, Andrzej PDCQ 142
Hoffman, Rachel PMLQ 103

19 054 contre la candidate libérale

jeudi 8 mars 2007

Noctambulisme 3

Mon troisième rêve semble commencé vraiment bien. Je suis dans une piscine avec plusieurs femmes, jusque là tout baigne... Une de ces femmes est ma blonde, je la reconnais, mais pour une raison étrange elle ne semble pas me reconnaître. De toute façon, si elle m'avait reconnue, je n'aurais pas pu être entouré de nombreuses femmes dans une piscine, même en rêve vous pouvez me croire! lol

Je suis le seul homme dans la piscine et j'essais d'aller atteindre le fond car quelque chose est tombée et les filles ne sont pas capables de nager assez profondément pour le reprendre. Comme dans mon premier rêve, je semble avoir la possibilité de rester dans l'eau sans respirer indéfiniment. En me retournant vers l'extérieur de la piscine, je réalise que tout les personnes qui sont avec moi nagent avec des pantoufles en phentex multicolores. et je réalise par la suite que ce j'ai été chercher au fond de l'eau est une des pantoufles qui était tombée au fond de l'eau. En sortant ma tête de l'eau, je réalise que les filles sont sur le bord de la piscine et elles me disent que Maude est partie, qu'elle a été emmenée par son nouveau mari. Mais c'est un mariage arrangé par je ne sais qui, pour faire un pont entre notre planète et une autre.... Des hommes, apparemment des extra-terrestres entre dans l'enceinte et commence à parler avec les femmes, je me désintéresse de la situation et décide d'aller délivrer Maude de ce mariage forcé. À la sortie de l'enceinte de la piscine, je me retrouve dans un chantier en construction, ça semble être très très haut mais en même temps au tréfonds de l'enfer et il fait relativement chaud. Du moins c'est déjà beaucoup moins agréable que dans la piscine.

Je vois au loin de l'échafaud des hommes qui commencent à me courir à après, sans perde une seconde, je me sauve pour ne pas de me faire attraper. J'arrive devant une plate-forme qui semble être une sorte d'élévateur. Je décide de l'activer et je me retrouve quelques étages plus hauts.

Une fois en haut, je tombe face à face avec un homme, habillé en noir, qui semble être armé. C'est à un contre un donc je m'essais! Le premier coup de poing que je lui porte semble le déstabilisé donc j'enchaîne des coups de poings répétitifs, mais plus je le frappe, plus je vois l'homme rapetissé et devenir la peau mauve.

Après plusieurs coup de poings, l'homme est devenu une espèce de créature humanoïde mauve et chauve. L'aspect le plus étrange du petit bonhomme était un petit orifice orangé creux et dentelé sur son ventre qui je crois lui servait de bouche pour manger.

Totalement dégoûté par le petit bonhomme, je me suis mis à le frapper avec deux fois plus de vigueur! Mais plus je le frappais, plus son orifice ventro-bucal dégoûtant grossissait... Rendu à un certain point, je crois que je le frappais pas sadisme... mais quelque instant plus tard, son ventre avait tellement grossit qu'il devint suffisamment grand pour m'avaler d'un seul coup.

Pris d'encore plus de dégoût et de panique, je me retourna pour me sauver face à la possibilité de me faire aspirer dans le ventre de cette infâme créature chauve et mauve, mais je me rendis compte que tout autour de moi avait changé de forme. Tout ce qui m'entourait n'était plus là, je n'étais plus dans sur un toit d'édifice dans une chaleur suffocante, j'étais dans un environnement complètement noir. Rien que du noir!

Je me retourne vers la monstruosité qui soudainement tente de m'aspirer par son ventre, je m'accroche à une de ses dents ventrales qui sont devenues plutôt gigantesques. En regardant vers l'intérieur, je semble reconnaître l'environnement de l'extérieur de la piscine...

Mes yeux s'ouvrent dans l'obscurité. Je suis maintenant réveillé mais à peine conscient....

Journée de la femme

Aujourd'hui c'est la journée Internationale de la Femme, on peut bien ce demander à quoi sert une tel journée au Canada, en Europe ou encore au États-Unis.

Pourtant les chiffres en Haïti, démontre que :
* Espérance de vie des femmes haïtiennes : 54 ans !
* 67,5 % des femmes souffrent d'analphabétisme.
* 10 % de fillettes entre 5 et 9 ans travaillent…
* 33% de fillettes entre 10 et 14 ans travaillent
* Le salaire des femmes qui travaillent est inférieur de 40% à celui des hommes.
* Jusqu'à 15% de séropositivité féminine est recensée en Haïti dont les viols sont l'une des causes principales…
* 1% de témoignages de viols contre 7,8% d'attaques sexuelles dénombrés par les
unités médicales montrent l'insuffisance alarmante de communication et de soutien dont sont
victimes les femmes…

Pourtant dans le reste du monde, les chiffres disent que :

* Une femme meurt toutes les minutes des causes dues à une grossesse. 61% des décès maternels ont lieu surviennent après l'accouchement.
* Les MST (Maladies Sexuellement Transmissibles) atteignent 5 fois plus de femmes que d'hommes.
* Dans le monde entier, 130 000 000 de fillettes et de jeunes femmes ont subi la Mutilation Génitale Féminine (MGF).
* A l'échelle de la planète, au moins 1/3 des femmes ont été battues, contraintes à des rapports sexuels ou maltraitées de quelque autre manière, la plus souvent par une personne de sa connaissance (mari, membre masculin de la famille). Près de 50% des femmes dans le monde ont été battues ou maltraitées physiquement à un certain moment de leur vie par leur partenaire. Une femme sur quatre est maltraitée durant la grossesse.
* Pas moins de 5 000 femmes et filles sont victimes, chaque année, des " crimes d'honneur, souvent pour le déshonneur d'avoir été violées, dont 1 000 pour le seul Pakistan.
* On évalue à 4 000 000 par an, dans le monde entier, le nombre de femmes et de fillettes achetées et vendues à un mari, un proxénète ou un marchand d'esclaves.
* Les 2/3 des 300 000 000 d'enfants qui n'ont pas accès à l'éducation sont des filles et les 2/3 des 880 000 000 d'analphabètes sont des femmes.
* Au moins 60 000 000 de filles meurent chaque année du fait d'avortements, d'infanticides ou d'absence de soins en raison de leur sexe.
* 2 000 000 de fillettes âgées de 5 à 15 ans sont livrées chaque année à la prostitution.
* Aux Etats-Unis, une femme est battues toutes les 15 secondes par son partenaire.
* Sur 613 femmes victimes de sévices au Japon, près de 60% avaient subi de leur partenaire des sévices physiques et sexuels ainsi que des actes de cruauté mentale. De même, à Leon (Nicaragua), les chercheurs ont établi que, sur 188 femmes maltraitées par leur partenaire, cinq seulement n'avaient pas subi d'agression sexuelle.
* Aux Etats-Unis, 1/3 des femmes battues passent par de graves crises de dépression. Une étude a établi que dans ¼ des cas, les tentatives de suicide survenaient à la suite de violences.
* Chaque année, selon l'UNICEF, au moins 10 000 fillettes et femmes de pays limitrophes pauvres entre en Thaïlande où elles finissent travailleuses dans l'industrie de sexe.
* D'après la banque mondiale, dans les pays industrialisés, agressions et violences sexuelles privent les femmes de 15 à 44 ans de près d'une année de vie en bonne santé sur 5.
* Au Canada, les coûts sanitaires de la violence contre les femmes s'élèvent chaque année à 900 000 000 de dollars. Aux Etats-Unis, l'impact de la violence à l'égard des femmes sur l'économie s'élève à 4 Milliards de Dollars.
* Dans 22 pays africains, et neuf pays asiatiques, le taux de scolarisation des filles est de 80% inférieur à celui des garçons. Les pays où l'accès à l'enseignement est le plus ouvert, comme en Afrique australe, en Amérique latine et dans la grande partie de l'Asie de l'est, les filles sont plus nombreuses que les garçons.
* Dans une douzaine de pays, aucune femme ne siège encore au parlement et, dans 8, au moins, elles n'ont pas le droit de vote.
* Les femmes représentent 13% des parlementaires du monde entier, contre 7% en 1975. Dans 9 pays seulement la proportion de femmes au parlement national atteint au moins 30% (objectif fixé par la quatrième Conférence mondiale sur les femmes). C'est pays sont : Afrique du sud, Allemagne, Danemark, Érythrée, Finlande, Islande, Norvège, Pays-Bas et Suède (avec plus de 40 %).
* Plusieurs autres pays en développement ont vu la place des femmes au parlement augmenter très nettement au cours des 25 dernières années, à savoir l'Ouganda (de 1 % à 18 %), l'Équateur (de 1 % à 17 %), les Bahamas (de 4 % à 20 %) et la Barbade (de 4 % à 20 %).
* Les femmes occupent 30 % au moins des postes de niveau ministériel dans six pays seulement : Barbade, Érythrée, Finlande, Liechtenstein, Seychelles et Suède. Dans 10 autres pays d'Europe occidentale et des Caraïbes, cette proportion est comprise entre 20 % et 30 %. Quarante-huit pays environ n'ont pas de femme ministre.
* En Afrique du sud, 52 000 femmes dénoncent chaque année un viol dont elles ont été victimes. Les forces de polices évaluent, de leur côté, une proportion de 1/36 le nombre de victimes qui signalent l'agression !
* En comparaison, l'Afrique du sud compte 129 viols signalés pour 100 000 personnes par an. Aux Etats-Unis, le taux est de 36 femmes pour 100 000, au Royaume-Uni, 8,7.
* Une augmentation de 1% de la scolarisation secondaire des filles se traduirait par une augmentation de 0,3% de la croissance économique.

Source :
http://www.fraternet.com/femmes/info8.htm
http://www.eurowrc.org/01.eurowrc/06.eurowrc_fr/14fr_ewrc.htm
http://www.amnistie.qc.ca/actions/pages-externes/canada/charia/Canada_et_charia.htm

Ce qu’a vraiment écrit Robin Philpot

L'aut'courriel n° 223, 8 mars 2007

Ce qu’a vraiment écrit Robin Philpot

par Pierre Dubuc

Les fédéralistes et leurs gros médias sont sur un pied de guerre. À preuve, le traitement innommable fait à Robin Philpot ce matin. Depuis le génocide rwandais, Robin Philpot essaie d’aller au-delà des apparences, de voir ce qui s’est vraiment passé au Rwanda. Il y a trouvé que la main du Général Dallaire ne faisait pas que serrer celle du diable. Il a décortiqué les alliances politico-militaires et le rôle obscur du Canada et de tous ces Canadiens francophones assis autour de la piscine à Kigali. En mai 2003, nous avons publié cette critique du livre de Robin Philpot Ça ne s’est passé comme ça à Kigali . Elle permet à celles et ceux qui n’ont pas le temps de lire le livre d’en comprendre les enjeux et d’aller au-delà du sensationnalisme de bas étage de La Presse.


Vous avez aimé le best-seller Un été à la piscine à Kigali de Gil Coutemanche ? Vous devriez lire Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali de Robin Philpot. Dans cet ouvrage troublant à bien des égards, l’auteur nous invite à une relecture critique du roman de Courtemanche en nous proposant une autre interprétation des événements tragiques du Rwanda en 1994. Le rôle du général Roméo Dallaire, de la juge Louise Arbour et des militants des Droits de l’Homme William Schabas et André Paradis fait également l’objet d’un réexamen.

«Valcourt fut horrifié par la pensée que rien dans cet homme ne lui avait paru humain. » Cette phrase tirée du roman de Courtemanche n’est, selon Philpot, qu’une des nombreuses métaphores bestiales - il en dénombre quatorze - utilisées par l’auteur pour décrire les Rwandais. Des métaphores qui s’ajoutent à d’autres récurrentes dans les romans colonialistes construits sur le modèle du célèbre Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad publié en 1902.

Elles se retrouvent toutes, nous dit Philpot, dans Un été à la piscine à Kigali , de «l’abîme épouvantable séparant l’Afrique de l’Europe » au «labyrinthe ténébreux » en passant par l’Afrique «femme étrange ». Des métaphores qui questionnent l’humanité des Africains et que nous avons pu lire des milliers de fois dans les reportages sur ce qu’on a appelé le génocide rwandais.

Une interprétation politique du génocide rwandais

À ces interprétations irrationnelles, Philpot oppose une compréhension historique et politique des événements de 1994. Il rappelle d’abord que, jusqu’au début des années 1960, les Hutus, formés majoritairement de paysans agriculteurs, vivent dans une sorte d’esclavage à l’égard des aristocrates tutsis à qui ils doivent redevances et prestations.

En novembre 1959, les Hutus très majoritaires au Rwanda se révoltent contre l’aristocratie tutsie. De nombreux tutsis s’enfuient alors en Ouganda. Entre 1960 et 1967, des Tutsis exilés lancent à partir de pays voisins de nombreuses attaques contre le nouveau régime rwandais, mais elles sont toutes repoussées.

L’Ouganda est alors un pays choyé par les États-Unis qui le voient comme un rempart contre l’islamisme du Soudan. L’organisation des exilés tutsis, le Front patriotique rwandais (FPR) est également bien vu par Washington. Son leader, Paul Kagame, suivra une formation militaire à Fort Leavenworth au Kansas. Plusieurs de ses collègues feront de même dans les meilleures écoles anglaises et américaines..

Le 1er octobre 1990, l’armée ougandaise, dont plusieurs dirigeants étaient des Tutsis exilés en Ouganda depuis 1959, envahit le Rwanda. Un événement perçu non comme une libération, mais une invasion et une contre-révolution, qui provoque le déplacement d’un million de réfugiés internes.

Plus tard, l’assassinat du président Ndadaye du Burundi voisin entraîne la fuite vers le Rwanda de 375 000 autres réfugiés hutus. Des bouleversements majeurs pour un pays dont il faut savoir qu’il est l’un des plus densément peuplé du monde.

À la présence de cette force d’occupation qu’est le FDR, s’ajoutent les pressions des États-Unis, de l’Angleterre et de la Belgique pour que le gouvernement rwandais négocie avec les envahisseurs et applique le Programme d’ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale avec son cortège de privatisations. Mais le passage d’un État interventionniste à un État minimaliste ne peut qu’avantager la minorité tutsie plus riche.

En 1991, la Constitution est amendée pour permettre le multipartisme et les pressions internationales redoublent afin que le président Juvénal Habyarimana intègre au gouvernement le FPR et d’autres partis d’opposition. En 1993, l’accord de paix d’Arusha donne le pouvoir effectif au FPR, sans qu’il soit élu. «Les ambassades étrangères fonctionnaient comme si le FPR était au pouvoir », écrit Philpot.

C’est dans ce contexte que le 6 avril 1994, l’avion du président Juvénal Habyarimana et de son collègue burundais Cyprin Ntyaryamira s’écrase et que la guerre civile éclate.

Des francophones de service?

Il n’y a toujours pas eu d’enquête internationale sur cet écrasement d’avion. Mais Robin Philpot raconte qu’un avocat australien, Michael Hourigan, a mené une enquête sous la direction de Louise Arbour, procureure au Tribunal international pour le Rwanda (TPIR) (Rappelons que Mme Arbour a été nommée depuis juge à la Cour suprême du Canada).

Il en a conclu, écrit Philpot, «que l’attentat a été commandité par l’actuel président du Rwanda, Paul Kagame du FPR, et qu’il a été réalisé avec l’aide d’un gouvernement étranger. D’abord enthousiaste, Mme Arbour aurait bâillonné l’avocat et étouffé l’enquête après en avoir discuté avec la secrétaire d’État Madeleine Albright. »

Tout cela nous amène au rôle pour le moins ambigu, selon Philpot, joué par de nombreux Canadiens francophones dans les tragiques événements rwandais. Il dit de Louise Arbour, choisie par la secrétaire d’État états-unienne Madeleine Albright pour siéger au TPIR, qu’elle «n’hésitera pas à faire des déclarations à l’emporte-pièce contre la France, mais elle protégera soigneusement les États-Unis ».

Soulignons que la légalité et la légitimité du TPIR est remise en question par plusieurs juristes parce qu’il a été créé et financé par les États-Unis et que son mandat, contrairement au Tribunal de Nuremberg, exclut toute référence aux guerres d’agression et à l’intervention étrangère, ce qui a pour effet de les légitimer.

Philpot questionne également l’objectivité du général Roméo Dallaire. Il cite des témoins qui affirment que le général se tenait toujours chez Hélène Pinske, une Québécoise mariée à un ministre tutsi. «La descente aux enfers de Roméo Dallaire, écrit Philpot, nous paraît davantage attribuable à l’obligation de mentir relativement aux événements tragiques au Rwanda en 1994 qu’à la psychose traumatique du soldat. »

Philpot prétend aussi que William Schabas et André Paradis, deux des auteurs d’une enquête sur les violations des droits de l’Homme au Rwanda, ont été manipulés lors de leur participation à une commission dont les membres ont passé 15 jours au Rwanda avant d’émettre un rapport qui deviendra l’évangile des ministères des Affaires étrangères de tous les pays qui feront affaire avec ce pays.

Il accuse William Schabas d’avoir fait office de publiciste du FPR et d’être l’auteur de la Loi sur le génocide adoptée par le FPR.

Pourquoi tant de Canadiens francophones ont-ils joué des rôles importants au Rwanda ? Parce que les États-Unis avaient besoin de francophones de service - qui n’étaient pas des Français - pour saper l’influence de la France dans la région et ouvrir la voie à l’influence anglophone de pays comme l’Ouganda et ses parrains impérialistes, l’Angleterre et les États-Unis.



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Le Prince charmant de Chantal Hébert
Une critique de French Kiss, Le rendez-vous de Stephen Harper avec le Québec
http://www.lautjournal.info/default.asp?manchette=232

mardi 6 mars 2007

La déclaration de Charest n’était pas un lapsus

L'aut'courriel n° 222, 7 mars 2007

La déclaration de Charest n’était pas un lapsus

Par Pierre Dubuc

Fausse note, confusion, lapsus que cette déclaration de Jean Charest à l’effet que «le Québec ne serait pas indivisible » dans l’hypothèse d’une victoire référendaire des souverainistes ? Il faut s’appeler Michel C. Auger pour se laisser berner par une telle manoeuvre.

Bien sûr, Jean Charest le premier ministre a par la suite contredit ce que Jean Charest du Comité du Non avait affirmé en 1995, mais le message était envoyé.

La partition, l’arme suprême des fédéralistes

Les fédéralistes savent que la menace de partition est leur arme suprême. Dans ses Mémoires, The Way it Works, Inside Ottawa (McLelland & Stewart), Eddie Goldenberg, qui a été pendant trente ans conseiller et ami de Jean Chrétien, écrit que ce dernier voulait en 1995 faire de la partition du territoire du Québec un des thèmes centraux de la campagne référendaire. Les sondages internes au camp fédéraliste révélaient que 6% des partisans du Oui se rangeraient dans le camp du Non si on utilisait l’argument que «si le Canada est divisible, le Québec l’est aussi ».

Mais, comme l’écrit Eddie Goldenberg, les libéraux du Québec étaient en total désaccord avec cette approche et «si Chrétien - comme il le voulait désespérément - avait utilisé l’argument de la partition du Québec, l’intransigeance des stratèges du camp de Daniel Johnson aurait signifié la très grande possibilité que toute la coalition et la campagne fédéralistes implosent ».

Mais les fédéralistes ont depuis balancé par-dessus bord leurs scrupules. Déjà, après la grande frousse de 1995, Jean Chrétien avait les mains libres pour appliquer le «Plan B». Il a recruté Stéphane Dion, demandé un avis à la Cour suprême, fait adopter la Loi sur la Clarté et n’a pas hésité à recourir à la menace d’amputer le territoire québécois du Nord autochtone et du West Island.

Charest, Dion et Harper : même combat !

En agitant le spectre de la partition, Jean Charest se sait en bonne compagnie. Le chef du Parti libéral Stéphane Dion en a fait sa marque de commerce. Dans tous ses discours polémiques sur l’unité canadienne réunis dans Le Pari de la franchise (McGill-Queen’s University Press), il n’omet jamais de brandir la menace de la partition du Grand Nord québécois et des municipalités à majorité anglophone du West-Island.

Le Premier ministre Stephen Harper n’est pas en reste. Au lendemain du référendum de 1995, M. Harper a déposé à la Chambre des Communes un projet de loi stipulant que le gouvernement fédéral tiendrait son propre référendum au Québec le même jour que le référendum du gouvernement québécois. Il a même formulé la question en deux volets du référendum fédéral. Elle se lit comme suit :

a) le Québec devrait-il se séparer du Canada et devenir un pays indépendant sans lien juridique spécial avec le Canada - OUI ou NON ?

b) si le Québec se sépare du Canada, ma municipalité devrait-elle continuer de faire partie du Canada - OUI ou NON ?

La nation québécoise selon Harper

Que M. Harper ait reconnu depuis la nation québécois (dans un Canada uni) n’y change rien. Au contraire, le fait qu’il ait utilisé le mot français «Québécois » dans la version anglaise de la motion présentée à la Chambre des Communes ouvre, à ses yeux, la porte à la partition du territoire québécois.

La nation québécoise ne comprend, selon lui, que les Québécois «pure laine » et le territoire où ils sont majoritaires. Déjà, en 1995, il déclarait à la Chambre des Communes que «de toute évidence, étant donné la constitution ethnique et socioculturelle de la société québécoise moderne, seuls les Québécois "pure laine" pourraient prétendre à être considérés comme un peuple. Même s’ils constituent une majorité de la population québécoise, ils ne constituent pas une majorité dans toutes les régions du Québec. Cela nous amène à un résultat curieux. Si les Québécois "pure laine" constituent un peuple, et s’ils ont le droit de se séparer, ils ne pourraient pas prétendre à l’intégrité territoriale ».

Bouchard a capitulé devant la menace de partition et Wall Street

Dans la biographie qu’il a consacré à Jean Chrétien, le journaliste Lawrence Martin raconte que des gens de l’entourage de Lucien Bouchard lui ont confié que c’est la menace de la partition du territoire québécois qui a fait reculer le chef péquiste au lendemain du référendum de 1995.

On se souviendra qu’à ce moment-là se dégageait dans les sondages une claire majorité en faveur du Oui. Les fédéralistes paniquaient à l’idée que Lucien Bouchard déclenche des élections suivies d’un nouveau référendum.

Les fédéralistes accouchèrent du fameux Plan «B» qui comprenait les menaces de partition, mais également des pressions des milieux financiers new-yorkais menaçant le gouvernement du Québec de décote.

Dans un article paru dans le journal Les Affaires du 5 novembre 2005, Lucien Bouchard a révélé comment, à la fin juin 1996, il était accouru à New York - dans un avion loué pour que la chose demeure secrète - pour rencontrer les financiers de Wall Street qui menaçaient de décoter le Québec.

«Nous nous sommes retrouvés devant quatre analystes, manifestement sceptiques. J’avais l’impression d’être devant un tribunal, raconte Bouchard. Je leur ai demandé de nous donner une chance puisque nous avions la ferme intention de remettre de l’ordre dans les finances. On s’est fait répondre que le Québec déviait depuis 40 ans et que le bilan n’était pas bon.»

Le premier ministre avait déjà annoncé avant de partir qu’il imposerait aux employés de l’État une baisse des salaires de 6 % (qui s’est transformée plus tard en un programme de retraites anticipées). «Il a même été question, devant les gens de l’agence de crédit Standard & Poor’s, que je m’engage par écrit à tenir parole. J’aurais refusé. Quand même : un premier ministre, élu démocratiquement, ne va pas jusque là ».

Bouchard poursuit ses confidences au journaliste des Affaires . «J’ai plaidé comme si c’était la cause de ma vie. Au bout de trois ou quatre heures, ils nous ont dit de repartir, qu’ils allaient réfléchir et nous téléphoner. L’appel est entré le lendemain : le Québec n’était pas décoté, mais il était sous surveillance étroite. »

On connaît la suite. Ce fut le Sommet du Déficit Zéro avec ses compressions budgétaires dont ont subi encore les conséquences, particulièrement dans le réseau de la santé et, au plan politique, le démantèlement de la coalition des Partenaires pour la Souveraineté que M. Parizeau avait mis sur pied.